Guerre de 1870-1871 Morts du canton de Bourbon-Lancy

16 janvier 2021

Les morts de la guerre de 1870 sortent de l'anonymat

Les morts restent vivants, pour peu qu’on s’intéresse à eux. 
On s’émerveille en lisant des documents les concernant. 
On se passionne à retisser les fils de leur vie, tout en ignorant leurs sentiments profonds. 
On s’émeut en écoutant ceux qui les ont connus.
Sinon, la marche du temps les maintient dans l’oubli le plus total.

 

Monument aux morts Guerre 1870-1871 de Bourbon-Lancy


A la mémoire des soldats du canton de Bourbon-Lancy, morts pour la Patrie

 

Deux conférences ont été organisées à Bourbon-Lancy les 5 et 9 novembre 2021.

La guerre oubliée de 1870 - 1871
La canton de Bourbon-Lancy dans la guerre de 1870

Seulement 15 personnes se sont déplacées à chaque fois. Un peu de déception en raison de l'investissement personnel fourni.
Ce ne fut donc pas le cas.
Certaines personnes qui disent s'intéresser aux " choses cuturelles " et à l'histoire local, ne se sont pas déplacées ...

La guerre de 1870, est une guerre oubliée, y compris à Bourbon.
Aucun maire des communes de l’ancien canton et les associations culturelles qui s’y trouvent, n’ont répondu à l’invitation qui leur avait été faite pour découvrir cette période de l’histoire. Elles ont pleuré leurs morts, depuis longtemps oubliés. Elles ont financé la guerre ! Seule, Perrigny-sur-Loire a donné 20 francs pour l’édification du monument aux morts, les autres n’ayant rien fait !
On ne peut pas revenir sur le passé.
Chercher à le connaître et le comprendre est à la portée de chacun, à partir du moment que l’on veut bien s’en donner la peine.

1870, la guerre oubliée et ses conséquences
En 1914, alors que l'armée française, massée aux frontières, subit un échec meurtrier conduisant à la retraite sur la Marne, ne parlait-on pas des Prussiens ! N'entendait-on pas " Cela ne va pas recommencer comme en 1870 !"

La guerre franco-allemande de 1870-1871 est une guerre oubliée dont « on » a oublié le nom des morts. La France a été vaincue, isolée, face à la Confédération de l’Allemagne du Nord, conduite par la Prusse. Ses conséquences sont multiples et sont en partie, à l’origine de la première guerre mondiale.
En Europe, l’ordre territorial issu du Congrès de Vienne de 1815, après la chute de Napoléon 1er, est remis en cause. L’Allemagne unifiée devient progressivement la grande puissance du centre de l’Europe. L’unité italienne s’achève par l’annexion des états du pape.
En France, la république devient définitivement le régime politique. Le territoire est amputé de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine. Une importante indemnité de guerre est versée à l’Allemagne qui l’utilise pour moderniser son industrie. Pendant près de vingt ans, la France est isolée.
L’empire allemand conclut en 1879 avec l’empire d’Autriche-Hongrie une alliance militaire, la Duplice, pour se protéger d’une agression de l’empire russe ou d’un autre pays européen, sous-entendu, la France. Il faut attendre 1892 puis 1904 pour que la France conclut une alliance franco-russe et ravive l’Entente cordiale avec l’empire britannique pour se préserver d’une hégémonie germanique sur le continent.

La guerre est oubliée car les républicains en ont sans cesse rejeter la responsabilité sur Napoléon III afin de masquer les contradictions de la révolution du 4 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale, animé par Léon Gambetta, poursuit la guerre, lance une mobilisation de masse, agit sans contrôle parlementaire. Certains républicains participent ou laissent faire la répression de la Commune de Paris.

La guerre a révélé l’indigence de la stratégie militaire, le manque d’imagination des officiers généraux, la faiblesse de la logistique en raison d’une bureaucratie militaire bien établie, la fragilité des troupes. Malgré l’héroïsme de soldats et de mobilisés de la dernière heure, la ténacité d’organisateurs pour mettre sur pied une nouvelle armée, la France n’a pas pu faire face à la machine de guerre prussienne.
La France déclare la guerre à la Prusse le 18 juillet 1870
Les opérations se déroulent du 3 août 1870 au 28 janvier 1871

Bilan humain de la guerre

158 821 morts

139 000 à Paris et en province 

  18 000 Prisonniers en Allemagne 

    1 700 Internés en Suisse

       121 Internés en Belgique

143 000 blessés

 

481 638 prisonniers et internés

383 791 Prisonniers en Allemagne

  87 847 Internés en Suisse

  10 000 Internés en Belgique 


Le canton de Bourbon-Lancy compte 10 289 habitants en 1866, à la veille de la guerre.
86 morts sont recensés, dont 81 sont identifiés.
Ce nombre n’est peut-être pas exhaustif en raison des difficultés de recensement des victimes. Il pourrait être proche de 100.

Un monument aux morts cantonal a été érigé en 1904.
57 noms y figurent, 29 noms n’y sont pas inscrits.

Méthode de recherche des victimes
Pour mener à bien ce travail, les difficultés sont multiples :

  • les noms des morts sont gravés sur le monument aux morts sans leur prénom,
  • aucun dossier sur les morts de cette guerre, n’existe dans les archives des communes,
  • peu de décès sont transcrits dans les registres de l’état civil des communes du canton, car les tués au combat sont inconnus, faute de documents d’identité retrouvés sur eux ou simplement enregistrés avec leur nom et prénom, sans autres renseignements,
  • des archives municipales et d’état civil ont été détruites durant les deux guerres,
  • il n’existe pas de fichier centralisateur des morts ; des dossiers répertoriant des victimes par ordre alphabétique, sont conservés au Service Historique de la Défense. A la grande surprise du chercheur, ils sont constitués de feuilles volantes arrachées à des registres qui n’existent plus ou dont l’origine n’est pas fournie, faute d’information. L’administration militaire de cette époque n’a pas effectué correctement le recensement des victimes en raison de la désorganisation. Le 10 septembre 1870, Léon Gambetta s’émeut du peu d’informations fournies sur le nombre des victimes. Il demande au ministre de la Guerre de réclamer des informations sur les pertes humaines tout en avouant ne pas disposer d’informations précises sur Sedan et Metz.

Il est impossible de savoir pourquoi 29 morts ne figurent pas sur le monument. Les promoteurs du monument se sont surtout appuyés sur les informations concernant l’armée auxiliaire (gardes nationales mobile et mobilisée) pour établir une liste des morts. Eugène Alexandre Fornel, percpeteur de Bourbon-Lancy, ancien commandant de la légion de Charolles de la Garde nationale mobilisée, l'a dressée. Ses archives personnelles sont conservées aux Archives départementales de Saône et Loire. La liste manuscrite qu'il a établie, est brouillonne avec des ratures. Les données de l’armée active sont parcellaires.

Il a donc été nécessaire de consulter plusieurs sources et de procéder par recoupement :  

  • recensements des contingents,
  • registres matricules à partir de la classe 1867,
  • recensements de la population des communes, avant et après la guerre (1866 et 1872)
  • tables de successions et absences,
  • listes d’électeurs,
  • registres des décès des villes dans lesquelles ont été déclarées les victimes des batailles et principaux combats et des villes de l’arrière, où les blessés ont été hospitalisés,
  • généalogie pour trouver les filiations.

La recherche, longue et parfois fastidieuse, a permis de recenser aux mieux le nombre des victimes. Certaines resteront inconnues par manque de sources d’information. D’autres peuvent avoir succomber à leurs blessures ou de maladies, dans des lieux d’hospitalisation insoupçonnés.


Le monument aux morts du canton de Bourbon-Lancy

En 1897 un comité pour élever un monument à la mémoire des soldats du canton, morts durant la guerre est constitué. Eugène Fornel, percepteur de la commune, Jean-Marie Ferdinand Sarrien, maire, Etienne Gravier, agent voyer de la commune en sont les trois promoteurs. La même année, le comité demande une subvention au Conseil général de Saône et Loire.

 

Monument aux morts 1870 Bourbon-Lancy

 

Conseil général de Saône et Loire, séance du 19 août 1897

Rapport annexe du préfet de Saône et Loire

Monument à élever à Bourbon-Lancy, aux soldats morts en 1870-71

« Un comité vient de se former à Bourbon-Lancy dans le but d’élever un monument aux soldats du canton, au nombre de 40 environs, morts pendant la guerre de 1870-71.
Par une lettre jointe au dossier, le Comité adresse au Conseil général une demande de subvention. Je prie l’Assemblée départementale de l’examiner avec bienveillance ».

M Guyot, rapporteur

Messieurs,

« Un comité s’est constitué à Bourbon-Lancy à l’effet d’élever un monument à la mémoire des soldats morts pendant la guerre de 1870-71.

Dans une lettre jointe au dossier, le vice-président du Comité sollicite une subvention du département qu’il fixe lui-même de 500 à 1.000 francs.

Le Conseil général a déjà accordé des subventions pour le même objet, aux villes de Louhans et Paray-le-Monial ; on ne saurait la refuser à Bourbon-Lancy.

Votre commission vous propose, en conséquence, le vote d’un crédit de 500 francs pour le monument de Bourbon-Lancy.

Les conclusions de la commission sont mises aux voix et adoptées. »

Conseil municipal de Bourbon-Lancy du 4 novembre 1902

Délibération 530

« Le conseil appelé à émettre un avis sur un emplacement propice à élever un monument par souscription, à la mémoire des soldats du canton de Bourbon-Lancy, morts pendant la guerre 1870-1841, propose de l’établir place des Capucins, située au centre »

Conseil municipal de Bourbon-Lancy du 20 septembre 1904

Délibération 688 – Monument des combattants

« M. le Maire fait connaître que les recettes effectuées pour l’érection du monument élevé à la mémoire des combattants de 1870-1871 et provenant tant de subventions que de souscriptions particulières, se sont élevées à la somme de quatre mille trois cent cinquante-six francs, quatre-vingt-dix centimes 4356.90
Que M. Béguine, ayant fait don de son œuvre, la dépense ne s’est élevée qu’à celle de quatre mille deux cent trente et un francs, trente-cinq centimes 4231.35
D’où il résulte qu’il est resté un excédent de recettes de cent vingt-cinq francs, cinquante-cinq centimes, 125.55.
Il  ajoute qu’il est dû à M. Regnaud, entrepreneur chargé de l’élaboration du monument, une somme de deux cent soixante-six francs vingt centimes et il demande au conseil que cette dépense soit payée, d’une part au moyen du reliquat de cent vingt-cinq francs cinquante-cinq centimes et que la différence s’élevant à cent quarante francs soixante-cinq centimes soit prise sur le crédit de quatre cent francs, inscrit à l’article 52 du budget supplémentaire.
Le conseil, à l’unanimité, approuve les comptes qui viennent de lui être présentés et autorise M. le Maire a payer la somme de 140 ?55 sur le crédit précité.
Sur la proposition de M. Berthier, il charge M. Guillemet, architecte voyer, d’examiner la question d’établissement d’une marche au bas du monument. »

Délibération 689 – Adresse de remerciements à M. Béguine

« Le conseil, sur la proposition de M. Berthier adresse à l’unanimité, ses vives félicitations à M. Béguine, auteur du monument des combattants, pour la belle œuvre dont il a doté la ville de Bourbon-Lancy.
Lui adresse en outre, au nom de la population tout entière, l’expression de sa gratitude. »

Le coût final du monument aux morts s’élève à 4 536,90 francs ramenés à 4 231, 35 francs en raison du don de son œuvre par le sculpteur Béguine. La participation de la commune, du département et la souscription sont de 2 856,90 francs. Le Comice agricole a fait un don de 500 francs, l’hospice de 1 000 francs.

Descriptif du monument

Sur un piédestal en calcaire est fixée une statue en bronze. Elle représente un garde mobile tourné vers le nord-est. Appuyé sur un fusil avec baïonnette tenu fermement à deux mains, tête relevée, il fixe la direction des provinces perdues, la Lorraine et l’Alsace. Le soldat représente le sergent Bobillot. Jules Bobillot, journaliste et écrivain s’était engagé dans l’armée en 1883, à l’âge de 23 ans. Il fut tué lors de la conquête du Tonkin en 1885. La III° République en fit un héros et un symbole de patriotisme.

Garde mobile du monument aux morts de Bourbon-Lancy


Les quatre faces du piédestal sont gravées :
vers la place de la République :
A la mémoire des soldats du canton de Bourbon-Lancy morts pour la Patrie
vers la poste :
Ce monument a été érigé par souscription publique du canton de Bourbon-Lancy, 1904
vers l’avenue Sarrien, 28 noms
vers l’avenue de la République, 29 noms

L’architecte est Félix Boutron, le sculpteur Michel Beguine

Lors de la cérémonie du 11 novembre, un hommage est rendu aux morts de la guerre.

Inauguration du monument 21 août 1904

 

 

 

LES FETES DE BOURBON-LANCY

Bourbon-Lancy, 21 août 1904
Les fêtes organisées à Bourbon-Lancy, à l’occasion du concours de la Société d’agriculture de l’arrondissement de Charolles, de l’inauguration de l’Hôtel des Postes et du monument élevé à la mémoire des combattants de 1870-71, morts devant l’ennemi, ont eu lieu aujourd’hui avec un plein succès. Bien qu’un peu contrariées par le temps, elles ont dépassé en éclat tout ce qu’on pouvait espérer.
Le ministre du Commerce, M. Trouillot, était venu, comme nos lecteurs le savent, représenter à ces fêtes le gouvernement de la République et donner en même temps à son éminent ami, M. le député Sarrien, un témoignage de sa haute estime.
M. Trouillot était arrivé dès la veille. Reçu à la gare de Gilly samedi, au train de 5 heures, par M. le préfet Diény, et M. le sous-préfet de Charolles, il arrivait le soir à 6h1/2 à Bourbon-Lancy. La petite gare de la Compagnie des chemins de fer départementaux était coquettement décorée, et une salle se trouvait gracieusement aménagée pour les réceptions.
Sur le quai de la gare, se trouvaient pour recevoir le ministre, MM. Ferdinand Sarrien, député et président du Conseil général de Saône et Loire ; Michel Sarrien, maire de Bourbon-Lancy ; Mitaine et Rainaud, adjoints au maire de Bourbon ; Sarrien fils, chef-adjoint du Ministre de l’Agriculture ; Geoffroy, ancien adjoint au maire de Mâcon, directeur des affaires civiles au Ministère de la Justice, etc., etc..
Les présentations faites, M. le Maire souhaite la bienvenue au ministre, qui répond en quelques mots aimables et le cortège se dirige chez M. Sarrien, député, où le ministre a passé la soirée dans l’intimité. M. Trouillot était accompagné de son chef-adjoint de cabinet, M. Maron.

La journée de dimanche

Dès le matin, des salves d’artillerie annoncent la fête. La ville est admirablement décorée. Partout des guirlandes de fleurs et de verdure, des arcs de triomphe, des maisons pavoisées : le spectacle est vraiment inoubliable et il semble qu’il y ait entre touts les villes de notre département une émulation pour mieux faire chaque année. L’année dernière c’était Digoin, hier encore c’était Charolles, aujourd’hui c’est Bourbon-Lancy et l’on ne saurait dire qui peut bien l’emporter de toutes ces villes qui se mettent en habits de fête pour recevoir leurs visiteurs. Il n’y a vraiment que dans notre département qu’on assiste à de pareilles fééries.

Au concours Agricole

La matinée du Ministre a été entièrement consacrée à la visite du Concours agricole, de l’hôpital et de l’établissement thermal.
A 9h ½ le cortège se rend au Concours agricole qui est remarquable à certains points de vue. Les machines agricoles ne sont peut-être pas représentées en dehors de l’exposition de M. Puzenat, mais le concours de bétail est remarquable et les produits agricoles sont en très grand nombre et de très belle qualité. Et pourtant il y avait à craindre que la température n’ait un peu gâté ces produits : il n’en est rien et le Ministre a pu admirer la belle production de notre Charollais.
M. le député Sarrien, qui est en même temps président de la Société d’agriculture, fait les honneurs de l’Exposition au Ministre, aidé par les membres du Jury, qui se sont prodigués pendant toute la journée et qui, malgré leurs fatigues, ont pu faire avec beaucoup d’impartialité le classement des produits.
Nous ne pouvons aujourd’hui, en raison de l’abondance des matières, donner le palmarès de cette intéressante exposition, mais nos lecteurs ne perdront rien pour attendre, et nous donnerons « in-extenso » la liste des lauréats.

A l’Hôpital et aux Thermes

Du Concours agricole, le Ministre se rend ensuite à l’hospice. On sait que l’hospice de Bourbon-Lancy est un des plus riches, sinon le plus riche, du département. Il est propriétaire de l’établissement thermal qu’il loue à M. Levat, fermier.
Le Ministre admire les magnifiques salles de bains qui viennent d’être construites et qui ont coûté, paraît-il, trois cent mille francs.
A 11 heures, le Ministre se rend à l’établissement thermal où il est reçu par le Conseil d’administration, qui lui montre toutes les installations nouvelles qui font de Bourbon-Lancy, une des stations balnéaires les mieux aménagées de la France. On sait que l’établissement a été très éprouvé par une inondation, mais déjà il n’y paraît plus et les baigneurs retrouvent là tout le confort d’autrefois.

Le Banquet

A midi, on se rend au banquet organisé par la Municipalité, dans une ancienne église désaffectée, classée comme monument historique et qui est en effet remarquable comme église de l’époque romane. On y est d’ailleurs très au frais, ce qui n’est pas négligeable par ces chaleurs intolérables.
C’est M. Trouillot qui préside, ayant à sa droite MM. Sarrien, député ; Diény, préfet ; Simyan, député, Clémentel, député du Puy de Dôme et le colonel du 29e de ligne. A sa gauche, MM. Sarrien, maire ; Magnien, sénateur ; Chaussier, député ; M. le sous-préfet de Charolles. Notons également à la table d’honneur le commandant de gendarmerie de Mâcon, le directeur des Postes de Saône et Loire ; MM. Chavet, Thomas, Poncet, Pontalier, Cochet, conseillers généraux ; Métenier, Canis, conseillers d’arrondissement ; Mitaine et Rainaud, adjoints à Bourbon ; les conseillers municipaux de Bourbon, les maires de la région, le tribunal de Charolles et un grand nombre de fonctionnaires.
La banquet ne compte pas moins de 250 convives. Le diner servi l’hôtel François est très bien composé ; qu’on en juge :

Hors d’oeuvre
Saumon sauce verte
Filet de bœuf Renaissance
Jambon à la gelée
Gigot d’agneau au cresson
Haricots verts
Buisson d’écrevisses
Bombe glacée
Desserts variés

Au champagne, les toasts commencent. C’est M. le Préfet qui ouvre la série, et qui après avoir flétri, comme il convient, le patriotisme de parade, la patriotisme tapageur des nationalistes, rend un juste hommage à M. Trouillot et à M. Sarrien et termine aux applaudissements de tous en portant le toast traditionnel au Président de la République.
Après lui, M. Sarrien, maire, remercie M. le ministre et les membres du Parlement, M. le Préfet et tous les invités d’être venus en si grand nombre  pour contribuer à l’éclat  de cette fête. Il porte un toast au gouvernement de M. Combes, qui a su si bien poursuivre l’œuvre de laïcisation attendue par tout le pays et qui mérite la confiance de toute la démocratie.
M. Sarrien, député, remercie le Ministre et dit que c’est pour lui un devoir agréable, - car il a avec lui de vieilles et cordiales relations, - de lui dire, au nom du Comité et de la Société d’agriculture, tout le plaisir qu’il éprouve à le recevoir et à saluer à Bourbon-Lancy le représentant  du Gouvernement de la République.
M. Sarrien remercie également les membres du Parlement, le Préfet, les conseillers généraux, ainsi que le colonel Bazin, du 29e, d’être venus faire cortège au Ministre. Il dit que tous les républicains sont unis dans un même dévouement à la République et à la Patrie.  Il rappelle que Saône et Loire, le Jura ont toujours été au premier rang des défenseurs de la République, et qu’à Bourbon-Lancy également les républicains ont toujours été disposés à marcher de l’avant pour la défense de la République.
En terminant il excuse M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, auquel sa santé n’a pas permis d’être présent et termine en buvant au Ministre du Commerce et au Gouvernement de M. Combes, qui défend énergiquement les principes laïque (vifs applaudissements).
M. Trouillot, ministre du commerce, dit ensuite combien il est heureux de la sympathie qui lui a été témoignée. Ce fut un plaisir pour lui de venir à une fête aussi charmante. Il n’oublie pas, comme vient de le rappeler M. Sarrien, que le département de Saône et Loire et celui du Jura sont depuis longtemps liés par une confraternité d’armes. Il rappelle que dans les dernières élections municipales et cantonales les deux départements ont, comme toute la France, acclamé une fois de plus le Gouvernement républicain. Le mérite en revient au pays et à la démocratie qui encourage et fortifie la marche du Gouvernement.
Le ministère actuel ne fait que continuer l’oeuvre du ministère précédent. Mais il la continue en marchant de l’avant. On lui a fait le reproche de marcher trop de l’avant, mais il ne pouvait piétiner sur place. D’autres viendront, qui iront plus loin encore ! L’oeuvre n’est pas encore terminée et il apparaît que l’Eglise est condamnée et qu’il faut en finir avec cet instrument diplomatique non respecté par le Clergé et qu’on appelle le Concordat, il y a une incompatibilité qui ne peut durer plus longtemps.
Nous ne reculerons pas et nous sommes sûrs d’être suivis par tout le pays (Vifs applaudissements)
N’oublions pas de noter que pendant toute la durée du banquet, la musique militaire du 29e de ligne a charmé les convives, en jouant les meilleurs morceaux de son excellent répertoire. Citons en particulier, un pot-pourri de bourrées limousines, nivernaises et charollaises, qui a été très goûté de l’auditoire et très applaudi. Remercions le colonel du 29e de ligne de nous avoir procuré cet agrément.

Au monument des Combattants

Mais le temps presse. On se hâte de terminer le diner et le cortège précédé de la musique militaire et de l’excellente fanfare de Bourbon-Lancy, se rend au monument des combattants dont on va faire l’inauguration.
Ce monument qui s’élève à côté de l’Hôtel des Postes, est une œuvre très remarquable, due au sculpteur charollais M. Béguine. Il représente un soldat appuyé sur son fusil et qui regarde fièrement du côté de la frontière.
Quand le cortège arrive devant la monument, le voile qui le recouvrait tombe et le laise apparaître dans toute sa beauté.
Le Ministre prend place au fauteuil de la présidence, tandis que la musique joue la « Marseillaise », puis il donne la parole à M. Fornel, ancien colonel de la 3e légion des mobilisés de Saône et Loire, qui fut l’initiateur de la souscription pour faire élever ce monument, et qui rappelle le rôle Saône et Loire pendant la guerre de 1870-71.
Il termine en saluant ses anciens frères d’armes et MM. Sarrien et Gravier, anciens capitaines ainsi que M. Merle, lieutenant.
M. Sarrien, député, prend ensuite la parole et remet le monument entre les mains de la municipalité. Il prononce un discours patriotique très applaudi dans lequel il rappelle le rôle de l’Empire dans nos défaites et dit que c’est à cause de lui que nous avons été battus.
Il fait l’éloge de M. Béguine, sculpteur médaillé au Salon et de M. Boutheron, architecte.
M. Sarrien, maire, déclare qu’il reçoit avec plaisir le monument qui lui est remis.
La ville de Bourbon-Lancy saura toujours s’inspirer de l’exemple des combattants de 1870-71.
M. Chaussier, député, apporte le salut des populations chalonnaises aux populations de Bourbon-Lancy.
Enfin, M. Trouillot prononce un éloquent discours et rappelle comme l’a fait M. Sarrien le rôle de l’Empire et sa responsabilité dans nos défaites. Il dit que la République a su reconquérir le rang perdu et que le pays n’oubliera jamais son rôle dans le relèvement de la Patrie !
Quand les discours, tous très applaudis, sont terminés, le ministre remet les décorations suivantes :

Les décorations

Officier de l’Instruction publique : M. Thomas, conseiller général
Officiers d’académie : M. Bard, directeur de l’école de Bourbon-Lancy ; M. Bouland, président du tribunal de Charolles ; M. Daniel, maire de Marcigny ; M. Desmurger, instituteur en retraite à Saint-Maurice-les-Châteauneuf ; M. Guillemet, architecte-voyer à Bourbon-Lancy ; M. Pillard, greffier à Cuiseaux ; M. Pommier, chef de la fanfare de Bourbon-Lancy.
Officiers du mérite agricole : M. Gailleton, maire de La Guiche ; M. Mélénier, conseiller d’arrondissement.
Chevaliers du mérite agricole : M. Berthier, instituteur à Bourbon-Lancy ; M. Lambost, éléveur à Changy ; Leclerc, propriétaire à Martin-sur-Arroux.
Médailles d’honneur des postes : M. Lacroix, facteur à Bourbon-Lancy ; M. Devillard, facteur à Génelard.
Chevalier de la Légion d’honneur : M. Béguine, statuaire à Paris.

A l’Hôtel des Postes

Au sortir de l’inauguration du monument, le cortège se rend l’Hôtel des Postes, dont l’inauguration a été faite. C’est un monument très remarquable et supérieur à ceux du département. Il serait à souhaiter que Mâcon en ait un semblable.
Après la visite de l’Hôtel des Postes, le cortège se rend à la mairie où a lieu la distribution des prix du concours agricole.
En terminant, nous n’aurons garde d’oublier de remercier tous les organisateurs de ces belles fêtes dont Bourbon-Lancy gardera longtemps le souvenir.

L’Union Républicaine – lundi 22 août 1904

 


 

Le Journal du Charollais et du Brionnais – dimanche 28 août 1904

BOURBON-LANCYGRANDES FETES

Dimanche dernier à l’occasion du concours agricole cantonal et d’arrondissement et aussi de l’inauguration du nouvel hôtel des postes et du monument élevé à la mémoire des soldats du canton tombés au service de la patrie pendant la néfaste guerre de 1870-71, Bourbon-Lancy avait organisé des fêtes splendides.

Durant tout le mois qui les a précédées, les habitants ont rivalisé de zèle et d’entrain pour orner, décorer et pavoiser de guirlandes et de fleurs les rues, les places et les maisons particulières. Partout :

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu’astragales
Et mon esprit se perd dans ce beau dédale !

La ville entière, y compris les hôtels et les bâtiments du Casino des thermes présente avec ses mâts, ses drapeaux tricolores, ses arcs de triomphe et ses sapins un coup d’œil d’un palais enchanté des « Mille et une nuits »

La veille, par le train de 7 heures du soir arrivait M.Trouillot, ministre du commerce, de l’industrie, des postes et télégraphes.

Il est reçu aux accents de la « Marseillaise » que jouait la société musicale, par M.Sarrien, député, qui lui présente successivement le conseil municipal et les fonctionnaires, puis le cortège se reforme précédé de la musique de la Cie des sapeurs-pompiers que commande M. Lachouette, sous-lieutenant et se dirige vers la belle habitation de M.Sarrien, où descend M. le Ministre.

Dans la matinée du dimanche, M. le Ministre, entouré de M. le Préfet, de M. Sarrien, etc. fait une visite au bel établissement thermal de Saint-Léger et ensuite parcourt les diverses sections du concours et félicite chaudement les exposants.

BANQUET – A midi 300 convives prennent place autour d’une longue file de tables ornées avec goût et dressées dans la nef de la vieille église Saint-Nazaire, classée au nombre des monuments historiques. Au cours du repas, la musique du 29ème régiment de ligne se fait entendre. Nous remarquons à la table d’honneur, aux côtés de M. le Ministre, M. Martin, sénateur, MM. Sarrien, Chaussier, Simyan, députés, M. Clémentel, député de Riom, M. Sarrien, maire, M. Bazin colonel du 29ème, le commandant et le capitaine de gendarmerie etc.

Au champagne, des toasts sont portés par M. le Préfet, MM. Sarrien, maire et Chaussier députés et par M. Trouillot.

Tous ces discours, notamment celui de M. le Ministre qui justifie et soutient la politique du gouvernement comportent un grand développement que le cadre restreint de notre journal en nous permet pas de rapporter ici.

A 3 heures a lieu, sous la présidence de M. le Ministre, l’inauguration du monument élevé à la mémoire des soldats morts pendant la néfaste guerre franco-allemande.

Leurs camarades survivants sont rangés devant le monument ; le plus âgé d’entre eux porte le drapeau. Le voile tricolore tombe et la belle statue représentant le sergent Bobillot apparaît ; elle est saluée par de frénétiques applaudissements.

L’honorable M. Fornel qui porte à la boutonnière le signe de la Légion d’honneur et qui a eu sous ses ordres les mobiles du canton prend la parole et retrace les larmes aux yeux les péripéties de la campagne qu’il a menée au cours de laquelle ont succombé les héros modestes dont les noms figurent sur le socle du monument.

Il dit tous les enseignements que rappellera ce monument aux générations futures et notamment aux jeunes gens. Après lui, M. Sarrien député et M. le Ministre prononcent des discours de haut patriotisme que nous regrettons, vue leur étendue de ne pouvoir reproduire.

A l’issue de cette touchante cérémonie qui s’est accomplie au milieu de cette assistance énorme, a eu lieu l’inauguration de l’hôtel des postes qui présente une installation ne laissant rien à désirer sous le rapport de l’hygiène et du confortable des services.

Enfin, à 5 heures, sur la place du marché, toujours sous la présidence de M. Trouillot, il est procédé à la distribution des récompenses aux lauréats du concours.

A l’ouverture de la séance, M. Sarrien, député et après lui M. le Ministre prennent la parole pour féliciter les exposants et encourager leurs efforts dans la voie du progrès agricole et dans les luttes qu’ils soutiennent chaque jour pour l’accomplissement de leurs rudes travaux.

A 9 heures, M. le Ministre quittant Bourbon-Lancy pour rentrer à Paris, son départ et son arrivée ont été salués par des salves d’artillerie. Après le feu d’artifice a eu lieu sur la place des Capucins, où se trouve le kiosque, un délicieux concert donné par la musique du 29ème qui a été un véritable régal pour les amateurs.

A ce moment, les illuminations jettent de tous côtés leurs feux multicolores et l’animation est énorme dans les rues et notamment dans les bals populaires et près des baraques foraines.

Délicieuse journée dont le souvenir fera époque dans les annales de la coquette cité thermale de Bourbon-Lancy.

                                                                                   UN COMBATTANT DE 70-71

Nota : A la cérémonie de l’inauguration du monument M. le Ministre a remis plusieurs décorations dont nous donnerons la liste dans notre prochain numéro.

 

Discours d'Eugène Alexandre Fornel 21 août 1904

Eugène Alexandre Fornel, percepteur de Bourbon-Lancy, était commandant de la 3ème Légion des gardes nationaux mobilisés de l'arrondissement de Charolles. A la fin du mois de janvier 1871, il commande, avec le grade de colonel, les cinq légions de gardes nationaux mobilisés du département de Saône et Loire

Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs,

Comme ancien colonel de la 3ème Légion de Mobilisés de Saône et Loire, je ne veux pas laisser inaugurer ce monument élevé à la mémoire des soldats morts sous mes ordres, sans apporter à ces humbles héros l’hommage de mon souvenir.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre les vifs remerciements auxquels a droit le gouvernement pour la subvention qu’il a bien voulu accorder à l’œuvre entreprise.

Je remercie également toutes les personnes qui depuis près de huit ans m’ont soutenu de leur concours dans ma tâche, pas toujours facile, et que je m’étais cependant juré de mener à bien.

A l’heure où la France, débordée de toutes parts, voyait ses armées reculer pas à pas ; où les défaites succédaient aux défaites, où les désastres de Sedan et Metz ouvraient toutes grandes au flot envahisseur des armées allemandes les portes du territoire, le Gouvernement de la Défense Nationale fit appel aux Mobilisés.

Rassemblés à la hâte, mal armés, mal vêtus, à peine exercés, les Mobilisés de Saône et Loire étaient dirigés sur le théâtre de la guerre.

A Dijon ils tiennent tête à la vieille troupe prussienne. Dans la nuit du 21 janvier 1871, ils occupent pendant quatre heures la périlleuse position d’Hauteville où succombe leur ambulance, lâchement assassinée au moment où elle soignait des blessés, après que s’étant vu refuser des renforts, les Mobilisés durent rentrer à Dijon.

Deux jours après, le 23, ils firent éprouver de grandes pertes aux Prussiens et contribuèrent à la prise du drapeau du 61ème Poméraniens que les Garibaldiens devaient ramasser ensuite sous les cadavres entassés par l’attaque énergique de la 3ème Légion, tandis que celle-ci se portait en avant, dans le Parc de Pouilly, pris et repris après un long combat.

Tous ont fait bravement leur devoir. Beaucoup hélas ne sont pas revenus.

Que ce monument soir désormais un but de pèlerinage pour les enfants de nos écoles, que les instituteurs du canton y amènent leurs élèves et leur fassent lire les noms de ceux, qui il y a 34 ans, ont versé leur sang pour la France ; que le souvenir de ces modestes héros soit gravé dans leur cœur comme leurs noms sont gravés sur ce marbre, que la conduite des combattants d’hier soit un exemple aux combattants de demain, si l’heure sonne de nouveau, ou la patrie en danger les appelle à la frontière.

Pour vous, mes Chers Compagnons d’armes, vous avez bien gagné ce bronze élevé en votre honneur, et moi, votre vieux colonel qui vous ai conduit au feu, mené à la peine, je suis heureux de me voir aujourd’hui, autour de ceux qui restent : Monsieur Sarrien, mon vaillant capitaine adjudant major, Monsieur Gravier, un de mes bons capitaines et tant d’autres sous-officiers et soldats, de me voir, dis-je, devant ce monument qui gardera vos noms à la postérité.

Le beau talent de l’artiste, Monsieur Béguine qui a modelé cette fière silhouette de soldat a bien compris et magistralement rendu notre pensée à tous, en en faisant un symbole de courage et de dévouement. Nous l’en félicitons et l’en remercions ainsi que son collaborateur, Monsieur Boutron, l’éminent architecte qui a su appareiller le socle et l’œuvre qu’il devait porter.

Vive la France et sa vaillante armée. Vive la République !

Lieutenant-colonel Eugène Alexandre Fornel

Eugène Alexandre Fornel, ancien commandant des gardes nationaux mobilisés de l'arrondissement de Charolles

Né le 2 novembre 1831 à Louhans – décédé le 1° novembre 1913 à Bourbon-Lancy.
Fils d’Auguste Fornel, maréchal des logis de la gendarmerie et Marie Julie Régnier

Il embrasse la carrière des armes. Il s’engage le 29 janvier 1849 au 2ème régiment de Hussards. Nommé brigadier le 6 avril 1850, il entre à l’école de cavalerie de Saumur en qualité d’élève instructeur. Il en sort avec le numéro de mérite de 18 sur 92. Il réintègre son régiment. Il y gravit tous les grades de sous-officier entre 1852 et 1859. Napoléon III engage l’armée française pour aider le royaume de Piémont- Sardaigne à chasser les Autrichiens d’Italie du Nord. Il est adjudant lorsque son régiment part de Vesoul pour l’Italie le 1er mai 1859.
Le régiment fait partie de la division de cavalerie du 3° corps d’armée commandé par le maréchal Canrobert. Ses escadrons effectuent des missions d’avant-garde pour les autres divisions. Le 24 juin, le régiment est mis à la disposition du 4ème corps d’armée du général Niel qui a pour objectif la prise du village de Guidizzolo dans la plaine de Médole. Les principaux combats se situent autour de la ferme de Casa-Nuova. C’est certainement au cours d’une charge de cavalerie qu’Eugène Alexandre Fornel est sérieusement blessé.
« A reçu le 24 juin 1859 à la bataille de Solférino (Italie) trois blessures, savoir : un coup de feu à la cuisse droite, un coup de fusil sur la tempe droite et une contusion au pied droit, suite d’une balle morte. »

Extrait de l’historique du 2ème régiment de Hussards, 29 juin 1859, bataille de Solférino
A 2 heures le Général de Clérembault annonce au colonel L’Huillier qu’il reçoit l’ordre d’aller avec le 2ème Hussards soutenu par une partie du 7ème, débusquer l’ennemi des bois qui entourent la maison appelée Casa Nuova et dans lesquels il se défend depuis plusieurs heures avec avantage contre la Division Vinoy.
Le Colonel fait prendre la direction sur la Casa Nuova et un quart d’heure après le régiment ( 4ème, 5ème, 6ème , escadrons ) s’engage dans un pays couvert de muriers et coupé de fossés larges et profonds, il rejoint bientôt sous une grêle de balles, qui lui fait éprouver quelques pertes, l’endroit où se trouve le Général de la Charrière, commandant une brigade de la Division Vinoy, fortement engagé avec l’ennemi auquel des renforts incessants de troupes fraîches donne une résistance inaccoutumée. 
A 2 heures ½ l’infanterie se trouvant pressée de trop près et joignant qu’il n’y avait pas un instant à perdre malgré les désavantages et les obstacles que présente le terrain, le Colonel L’Huillier lance le 6ème Escadron en fourrageurs, il s’engage lui-même presqu’aussitôt avec le 5ème Escadron sur la droite du 6ème en donnant l’ordre au Chef d’escadron Féline de le soutenir avec le 4ème Escadron qui est bientôt lui-même engagé tout entier.
Le Régiment tourne les Autrichiens embusqués derrière les arbres, le long des fossés, dans les maïs ; il en sabre un bon nombre, les repousse vigoureusement et permet à l’infanterie de reprendre l’offensive.
Le Colonel fait sonner le ralliement qui s’effectue derrière et à la droite du 7ème Hussards formé en colonne serrée.
Les résultats de l’appel fait sur le terrain constate que dans cette courte et vigoureuse charge , le régiment a laissé sur le terrain 9 hommes tués dont le Maréchal des Logis Rigal du 6ème Escadron.
Le nombre des blessés s’élève à 30 parmi lesquels 3 officiers

Il manquait aussi 33 chevaux dont une partie presque tous blessés nous rejoint dans la soirée.

Le 8 juillet il passe dans le corps des officiers en étant nommé sous-lieutenant.
Il est affecté au 7ème régiment de Hussards. Il est en garnison à Moulins, Castres, Béziers, Lyon et Valenciennes. Il reçoit la médaille commémorative de la campagne d’Italie de 1859. Il est fait chevalier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur le 7 août 1864. Le 25 août de la même année il devient adjoint du trésorier du régiment. Il fait valoir son droit à pension pour infirmité et est rayé des contrôles de l’armée le 31 mars 1865.

Il rejoint l’administration des finances et devient percepteur. Il est en poste en 1865 à Saint-Varent dans les Deux-Sèvres. Il est nommé à Bourbon-Lancy en 1868.

A l’automne 1870 il répond à l’appel du gouvernement de la défense nationale qui a décrété la création de la garde nationale mobilisée dans chaque département. Conformément aux dispositions en vigueur il est élu le 31 octobre 1870 commandant du 2° bataillon de la garde nationale mobilisée de l’arrondissement de Charolles. Le canton de Bourbon-Lancy fait partie de bataillon. Il regroupe environ 400 hommes célibataires âgés de 21 à 40 ans.
Le 5 novembre il est nommé lieutenant – colonel, commandant la 3°Légion de la garde nationale mobilisée de l’arrondissement de Charolles. Elle est constituée de trois bataillons et compte près de 2 400 hommes. Les gardes sont regroupés dans un camp d’entraînement établi près de Paray-le-Monial, au lieu-dit Les Vernisses.

La garde nationale mobilisée prend position à la fin du mois de novembre sur une ligne de défense allant de Nolay à Navilly, passant par Chagny et Verdun-sur-le-Doubs. Elle protège la vallée de la Saône et la confluence avec le Doubs. La 3° Légion est positionnée à Seurre et contrôle les environs. A partir de cette période ses chefs vont recevoir des ordres de différentes autorités militaires et civiles, entraînant susceptibilités, dissensions et confusion.

Le 18 décembre, Fornel a ordre de se porter, avec deux bataillons, au secours de la 3ème division du général Crémer engagée dans la bataille de Nuits. Le lendemain, la division se replie de Nuits sur Chagny, tandis que les mobilisés reçoivent l’ordre de se maintenir autour de Verdun-sur-le-Doubs. Le groupe de Fornel est arrêté dans sa progression, avant de se heurter aux troupes prussiennes mieux équipées.
Le 29 décembre les légions de Saône et Loire sont à Dijon. Leur chef, le général Pellissier, devient commandant de toutes les troupes qui y sont cantonnées. Il est chargé de mettre la ville en défense. Le 9 janvier il est nommé commandant de la subdivision territoriale de Côte d’Or et des mobilisés d’autres départements qui y sont envoyés. Il reçoit ses ordres du commandant de la 8° région militaire basé à Lyon et du délégué à la guerre, de Freycinet. A partir du 8 janvier 1871, Giuseppe Garibaldi et son état-major de l’armée des Vosges, s’installent à Dijon. La situation hiérarchique va se complexifier. Garibaldi devient le défenseur de Dijon, Pellissier conserve le commandement des gardes nationaux mobilisés. Le général Bordone, chef d’état-major de l’armée des Vosges, n’a de cesse de récupérer les mobilisés de Saône et Loire. L’opposition entre les deux généraux, conduit au rappel du général Pellissier le 25 janvier 1871. Les légions de Saône et Loire sont rattachées à l’armée des Vosges dès le lendemain. Alexandre Eugène Fornel en devient commandant.

La 3° légion de Fornel est engagée dans la bataille de Dijon, du 21 au 23 janvier 1871.
Le 21 janvier, elle quitte Dijon et se porte sur la route d’Is-sur-Thil. Elle occupe le village d’Ahuy avec un bataillon et se porte à Hauteville avec les deux autres. Des reconnaissances de cavalerie et d’infanterie prussiennes sont repoussées à Hauteville. A minuit trois colonnes ennemies attaquent à leur tour. Après une heure de combat Fornel ordonne la retraite sur Dijon afin d’éviter l’encerclement et l’anéantissement de la légion.

Dans la nuit du 21 au 22 janvier l’ambulance de la 3ème légion, installée dans une maison d’Hauteville a été attaquée par les Prussiens au prétexte que des tirs en seraient partis. Huit personnes ont été tuées dont deux médecins et des infirmiers. Le colonel Fornel a rendu compte de cet « assassinat » qui a fait l’objet d’une enquête auprès de l’Allemagne par l’intermédiaire de la Société française de secours aux blessés.

Extrait du rapport du colonel Fornel
Monsieur le lieutenant-colonel commandant la 3e légion des gardes nationaux mobilisés de Saône-et-Loire proteste, au nom de l'humanité et des droits les plus sacrés de la guerre, contre l'acte inqualifiable de cruauté et de barbarie qui a été commis sur les membres de son ambulance, dans la nuit du 21 au 22 janvier, par les troupes prussiennes qui l'ont attaqué dans le village avec deux de ses bataillons.

Un pareil acte de cruauté n'a pas besoin de commentaires, mais il appelle sur la tête de gens capables de les commettre l'indignation et le mépris de tous les honnêtes gens, et c'est les yeux pleins de larmes, que les officiers et les soldats de la légion ont appris ces tristes détails de la bouche même des malheureux infirmiers qui sont entrés le 22 à Dijon, dans un état déplorable.

L’armée allemande, après sa propre enquête, se réfugia derrière le fait qu’une fusillade eut lieu depuis la maison où était installée l’ambulance et qu’aucun signe ne permettait d’identifier l’ambulance, malgré l’affirmation des témoins français.

Le 23 janvier, elle est envoyée pour occuper la route de Langres en avant du parc de Pouilly où elle découvre que la position était prise par les Prussiens. Là aussi les bataillons se replient sur l’arrière du parc, en raison de la puissance de feu de l’ennemi. Elle y retrouve le 2ème bataillon de la 2ème légion. Elle y soutient un violent combat avec le renfort de la 4ème légion. Une charge héroïque à la baïonnette permet de déloger les Prussiens du parc de Pouilly au prix de nombreuses pertes. 31 gardes mobilisés du canton de Bourbon sont tués.

Le 26 janvier la 3ème légion prend position à Saint - Appolinaire et y reste jusqu’au 31, date de repli sur Chagny. Elle cantonne à Rully et dans les villages proches. Elle est ensuite envoyée à Mâcon où elle séjourne durant le mois de février.

Commentaire du lieutenant – colonel Fornel sur l’effectif de la 3ème légion, le 17 février 1871 :
Sur les 2429 hommes de l’effectif il n’y a que 1545 hommes présents.
Les autres sont disparus, aux hôpitaux ou en congés de convalescence et blessés.

Début mars, elle a pour mission de désarmer des francs – tireurs et de faire régner l’ordre à Chalon-sur-Saône. Elle y est licenciée le 10 mars 1871.

Alexandre Eugène Fornel reprend son poste de percepteur à Bourbon – Lancy après la guerre. Il est promu au grade d’officier de la Légion d’honneur le 11 septembre 1871.
En 1877, il est déplacé à Arlanc dans le Puy-de-Dôme. Il revient à Bourbon en 1882 où il termine sa carrière.

A partir de 1896, il anime un comité pour ériger un monument aux morts cantonal en mémoire des victimes du conflit. Des anciens de la 3ème légion en font partie, Jean – Marie Ferdinand Sarrien, capitaine adjudant major, et Etienne Gravier, lieutenant de compagnie.
Le monument est inauguré le 21 août 1904. De son discours nous retenons les mots suivants qui illustrent la guerre de 1870 :

Rassemblés à la hâte, mal armés, mal vêtus, à peine exercés, les Mobilisés de Saône et Loire étaient dirigés sur le théâtre de la guerre. A Dijon ils tiennent tête à la vieille troupe prussienne. Tous ont fait bravement leur devoir. Beaucoup hélas ne sont pas revenus.

Sources :

Historique du 7ème hussards – Charles Constant Louvat – 1889
Archives du colonel Fornel - Archives départementales de Saône et Loire
Dossier de la Légion d’honneur d’Eugène Alexandre Fornel – base Léonore Archives nationales
Les mobilisés de Saône et Loire en 1870 – général Victor Pellissier – 1878
Archives de l’armée des Vosges – Service historique de la Défense, Vincennes
Société française de secours aux blessés, Rapport de M Théodore Vernes d’Arlandes – 1872
Sophie Victorine Perrault - Fornel, femme de lettre bourbonienne – Michèle Gouthéraut - 2009

 

 

 

 

                                   


17 janvier 2021

57 noms inscrits sur le monument aux morts

57 noms sont inscrits sur le monument aux morts

52 victimes sont identifiées

Les noms figurent sur les faces droite et gauche du socle du monument sur deux colonnes

Les noms ne sont pas classés par ordre alphabétique, ni par grade militaire, ni par commune du canton

Les victimes sont présentées par commune du canton et de manière alphabétique.
Figure pour chacune d'entre elles, son arme d'appartenance.
Les différentes gardes mobiles constituaient l'armée auxiliaire.
La garde nationale mobile récrée en 1868 correspondait à une armée de réserve.
La garde nationale mobilisée par le Gouvernement de la Défense Nationale, équivalait à une armée de mobilisation
La garde nationale sédentaire était mise sur pied par les communes

Répartition par armée des victimes

Armée Active : 20
Garde nationale mobile : 5
Garde nationale mobiisée : 32

Face droite du socle du monument aux morts orientée vers l’avenue Ferdinand Sarrien

La lettre V est utilisée pour la lettre U

 

JEVNET

JOVRNET

PIOLAINE

MATHE

PRENLELOUP

GOVTORBE

PLVCHOT

MICHON

THELY

THEVENET

DORIN

DVRAND

RIONDET

 

 

BOVRRACHOT

LATHVILLIERE

MARION

SOVILLARD

DHERY

LAMBERT

VALENTIN

SOMMIER

CLEMENT

SIMMONNET

MOVRON

MAVPAS

LAVOCAT

 

 

Face gauche du socle du monument aux morts orientée vers l’avenue de la République

La lettre V est utilisée pour la lettre U

 

BOIRON

COPET

DVRAND

LAROSE

PERROT

VINCENT

DAGVIN

CIVET

MICHEL

PELLETIER

LACROIX

PIESSAT

GVILMINOT

DOYEN

SIMON

 

 

PERRETTE

FRADIN

PERRIN

BERTUCAT

MICHELET

LEPRON

PAIRE

LAVAL

MIGNOT

CORNIER

FRIZOT

DVPONT

LAVDET

PETOT

 

 

29 morts pas inscrits sur le monument aux morts

29 morts et peut-être plus ne sont pas inscrits sur le monument aux morts

Pourquoi cet oubli ?

Difficile de répondre

A la lecture des archives, il y a eu divergence pour dénombrer les victimes, entre le général Pellissier, commandant de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire et le colonel Fornel, commandant de la 3ème Légion de Charolles.
Le premier souhaitait recenser les victimes tuées au feu et celles mortes de maladie.
Son subordonné ne souhaitait prendre en compte que les morts au feu.

Le colonel Fornel, promoteur du monument aux morts, a largement recensé les victimes de la garde nationale mobilisée qu'il commandait. 32 mobilisés figurent sur le monument aux morts. Il n'a certainement pas pu s'appuyer sur les statistiques fournies par l'armée en raison de leur inexistence, mais il a pu s'en procururer. De nombreuses victimes sont mortes dans des hôpitaux éloignés de la région voire en captivité, sans que l'information ne soit transmise à la France.

Les communes n'ont pas pu fournir de listes complètes, en absence de transcription.

En 1904, nous étions déjà 33 ans après la fin de la guerre, le temps avait fait son oeuvre, sachant qu'il n'y a pas eu de politique nationale de recensement des victimes. Une société nationale de vétérans s'était créée, mais elle oeuvrait principalement pour la création d'un médaille commémorative.

Armée d'appartenance des morts 

Armée Active : 21

Garde nationale mobile : 5

Garde nationale mobilisée : 1

 

Morts de Bourbon-Lancy en 1870-1871

18 morts de la commune de Bourbon-Lancy

Morts inscrits sur le monument aux morts

6 militaires de l’armée active (AA) - 6 gardes nationaux mobilisés (GN Mobilisé)

CORNIER Jacques - AA
né 16 mai 1850 à Bourbon-Lancy
fils de Pierre Cornier, 30 ans, cultivateur et Fanchette Pommier, 27 ans
soldat au 13ème régiment d’infanterie de ligne
mort le 28 décembre 1870 à l’hôpital de Nevers
pas de transcription à la mairie de Bourbon-Lancy

DOYEN Antoine - AA
né le 17 mai 1848 à Bourbon-Lancy
fils de Pierre Doyen, 32 ans, cultivateur et Anne Lambert, 25 ans
soldat aux 2èmes voltigeurs de la garde
mort du typhus le 9 janvier 1871 à Altona, près de Hambourg, Allemagne,
transcription à la mairie de Bourbon-Lancy le 27 décembre 1871

DUPONT Jean-Claude, maçon - AA
né le 17 novembre 1844 à Bourbon-Lancy
fils de Sébastien Dupont, 22 ans, maçon et Claudine Gain, 21 ans
date et lieu de décès inconnus, dans l’acte de mariage de sa fille Claudine en 1885, il est mentionné qu’il est absent depuis quinze ans

FRADIN François - AA
né le 19 mars 1847 à Bourbon – Lancy
fils de Gilbert Fradin, 33 ans, sabotier et Louise Deschamp, 21 ans
soldat au 66° régiment d’infanterie de ligne, engagé au début de la guerre, capitulant au siège de Metz le 28 octobre 1870
mort ou disparu soit entre le 2 août et le 28 octobre 1870 ou en captivité en Allemagne

GUILLEMINOT Antoine - AA
né le 1er juin 1850 à Bourbon-Lancy
fils de Sébastien Guilleminot, 44 ans, laboureur et Catherine Chevasson, 36 ans
soldat au 13ème régiment d’infanterie de ligne, 5ème compagnie, 2ème bataillon
mort le 6 février 1871 à l’ambulance de la ville de Connéré (Sarthe)
par suite d’une blessure du bras droit
transcription à la mairie de Bourbon-Lancy le 17 avril 1871

JEUNET Claude, pharmacien à Bourbon-Lancy – GN Mobilisé
né le 23 octobre 1834 à Cluny
fils de Benoît Jeunet, 26 ans, horloger et d’Etienne Lamborot, 27 ans
capitaine de la 1° compagnie, 2° bataillon, 3° légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 23 juillet 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

MARION Alexandre, ouvrier maçon à Bourbon-Lancy – GN Mobilisé
né le 28 février 1845 à Chalmoux
fils de Jeanne Marion, 25 ans, journalière
garde national mobilisé : 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et le 23 janvier 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

MICHON Louis, clerc de notaire – GN Mobilisé
né le 20 septembre 1838 à Chalmoux
fils de Louis Michon, 38 ans, tailleur de pierre et Anne Martin
garde national mobilisé, 2°escouade, 1° compagnie, 2° bataillon, 3° légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 23 juillet 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

PIESSAT François - AA
né le 6 février 1848 à Bourbon-Lancy
fils de Jacques Eloi Piessat, 30 ans, teinturier et Elisabeth Cornette, 28 ans
soldat au 85ème régiment d’infanterie de ligne
présumé mort le 18 août 1870 à la bataille de Gravelotte
pas de transcription à la mairie de Bourbon-Lanc

PIOLAINE Victor Eugène, employé des contributions indirectes – GN Mobilisé
né le 20 octobre 1825 à Evron, Mayenne
fils de Félix René Piolaine, 38 ans, employé dans les contributions indirectes et Charlotte Renée Julie Jeanne Jouin
adjudant, 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 23 janvier 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon
transmis à Bourbon-Lancy le 23 janvier 1878
Inscrit dans le registre des décès sous le numéro 47 en date du 16 mai 1878

PLUCHOT Jean, journalier à Bourbon-Lancy – GN Mobilisé
né le 20 janvier 1842 à Bourbon-Lancy
fils de François Pluchot, 43 ans, maçon et Marie Gagnon, 39 ans
garde national mobilisé, 2°escouade, 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et 23 janvier 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

RENAUD Antoine – GN Mobilisé
né le 11 février 1835 à Bourbon-Lancy
fils de Pierre Renaud, 38 ans, meunier et Catherine Michel, 42 ans
garde national mobilisé, 5°escouade, 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 17 février 1871 à Mâcon

Morts pas inscrits sur le monument aux morts

5 militaires de l’armée active (AA) – 1 garde national mobile (GN Mobile)

BAROYER Pierre, tuilier - AA
né le 26 mai 1850 à Bourbon-Lancy
fils de Jean Baroyer, 40 ans, journalier et Jeanne Rebot, 40 ans
soldat de 2ème classe, 3ème compagnie, 1er bataillon, 13ème régiment de ligne
mort le 25 juin 1871 à Lyon

DUCLOUX Jean, maçon - AA
né le 15 octobre 1850 à Bourbon-Lancy
fils de Josette ou Joséphine Ducloux, 33 ans, journalière
soldat, 5ème compagnie, 2ème bataillon, 58ème régiment de marche
mort le 11 janvier 1871 à l’hospice des malades de Nogent-le-Rotrou, Eure et Loir

GUILLEMINOT Louis, couvreur - AA
né le 1er octobre 1850 à Bourbon-Lancy
fils de Jean Guilleminot, 30 ans, cordonnier et Léonarde Charmillon, 24 ans
soldat de 2ème classe, 5ème compagnie, 2ème bataillon, 13ème régiment de ligne puis au 56ème régiment d’infanterie de marche
mort le 10 janvier 1871 au Mans

PICARD Louis, maçon - AA
né le 15 novembre 1850 à Bourbon-Lancy
fils de Jean Picard, 35 ans et Louise Puzenat, 32 ans
2ème sapeur, 3ème compagnie, 2ème régiment du génie
mort le 3 novembre 1870 à Montpellier

REGNAUD Joseph - AA
né le 16 septembre 1844 à Bourbon-Lancy
fils de Marguerite Regnaud, 21 ans, journalière
soldat au 4ème régiment de marine
mort le 18 janvier 1871 à Coblence

SOTTY Pierre, journalier – GN Mobile
né le 12 avril 1848 à Issy l’Evêque
fils de Joseph Sotty, 32 ans, journalier et de Marguerite Marc, 29 ans
garde mobile
mort le 6 février 1871 à Bordeaux

1 victime possible de l’armée active

SIMON Jean - AA
né le 18 novembre 1837 à Mont
fils de Claudine Simon, âgée de 35 ans
cultivateur à Vitry en 1857 (indication lue dans le registre militaire de la classe 1857)
épouse le 19 février 1863 à Bourbon – Lancy
Anne Gouthéreau née le 28 février 1835 à Bourbon – Lancy
1 fils, Jean-Marie, né et mort à Bourbon-Lancy en 1869

Au recensement de 1872, Anne Gouthéreau est veuve et vit à Saint-Nazaire, avec sa fille Catherine âgée de 9 ans 


 

Morts de Chalmoux en 1870-1871

7 morts de la commune de Chalmoux

Morts inscrits sur le monument aux morts

1 militaire de l’armée active (AA) - 3 gardes nationaux mobilisés (GN Mobilisé)

DORIN Pierre – GN Mobilisé
né le 6 janvier 1835 à Chalmoux
fils de Lazare Dorin, 29 ans, laboureur et Joséphine Veilleraud, 28 ans
garde national mobilisé, 4°escouade, 1°compagnie, 2°bataillon, 3° légion de la garde national mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et le 23 janvier 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

JOURNET Barthélémy Jules, menuisier buraliste à Chalmoux – GN Mobilisé
né le 14 novembre 1838 à Chalmoux
fils d’Antoine Journet, 39 ans, cabaretier et Jeanne Megnaud, 32 ans
sous-lieutenant de la 1° compagnie, 2° bataillon, 3° légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 23 juillet 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

PERETTE Michel - AA
né le26 mai 1844 à Chalmoux
fils de Jean Perette, 46 ans, journalier et Marguerite Bertheleau, 34 ans
soldat au 41ème régiment d’infanterie de ligne
mort le 25 avril 1871 à 4h du soir à l’hôpital de Cherbourg
transcription à la mairie de Chalmoux le 5 mai 1871

SOUILLARD Claude – GN Mobilisé
né le 7 octobre 1842 à Chalmoux
fils de François Souillard, 28 ans, laboureur et Jeanne Duc, 27 ans
garde national mobilisé, 1° compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et 23 janvier 1871 à la bataille de Dijon

Morts pas inscrits sur le monument aux morts

2 militaires de l’armée active (AA) – 1 garde national mobile (GN Mobile)

DESVAUX Pierre - AA
né le 24 décembre 1845 à Chalmoux
fils de Claude Desvaux, 29 ans, sabotier et Pierrette Contoux, 23 ans
soldat, 9ème compagnie, 55ème régiment d’infanterie de ligne
mort le 3 mars 1871 de dysenterie à l’hôpital militaire de Torgau, Prusse

DUBOIS Pierre – GN Mobile
né le 2 mars 1849 à Chalmoux
fils d’Antoine Dubois, 35 ans, laboureur et Claude Bonnet, 32 ans
mort le 10 février 1871 à Paris 6ème
garde mobile, 1ère compagnie, 3ème bataillon, 13ème régiment

PUZENAT Blaise Antoine – AA
né le 2 septembre 1848 à Chalmoux
fils de Claude Puzenat, propriétaire cultivateur et Claire Tramesson
soldat au 69ème régiment d’infanterie
prisonnier de guerre mort à Colberg, Prusse

18 janvier 2021

Morts de Cronat en 1870-1871

15 morts de la commune de Cronat

Morts inscrits sur le monument aux morts

1 militaire de l’armée active (AA) – 2 gardes nationaux mobiles (GN Mobile)

7 gardes nationaux mobilisés (GN Mobilisé)

BOIRON Jacques, charron - GN Mobilisé
né le 23 février 1843 au bourg de Cronat
fils de Pierre Boiron, âgé de 37 ans, cantonnier et Pétronille Delange, âgée de 28 ans
garde national mobilisé, 8° escouade, 1° compagnie, 2° bataillon, 3° légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 23 juillet 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

CLEMENT Jean – Louis, journalier – GN Mobilisé
né le 8 février 1848 à Cronat, au Moulin Neuf
fils de Pierre Clément, 31 ans, domestique et Jeanne Plantard, 36 ans
garde national mobilisé : 6°escouade,1° compagnie, 2° bataillon, 3° légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et le 23 janvier 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

DAGUIN Robert, domestique - AA
né le 5 septembre 1845 à Cronat
fils de François Daguin, 33 ans, journalier et Sophie Moriaud, 24 ans
domicilié à La Briche en 1851, Place des Levées en 1861, La Chappe en 1866
bon pour le service en 1865
date et lieu de décès inconnu

FRIZOT François – GN Mobile
né le 18 novembre 1846 à Cronat
fils de Gaspard Frizot, décédé et Marie Deschamps, 36 ans, propriétaire
garde mobile de Sâone et Loire
mort le 13 mars 1871 à l’hôpital d’Annecy
transcription à la mairie de Cronat le 10 avril 1871

LAUDET Philippe, journalier – GN Mobilisé
né le 1er septembre 1832 à Issy l’Evêque
fils de Lazare Laudet, âgé de 33 ans, sabotier et Jeanne Thiéry, âgée de 25 ans
garde national mobilisé, 8°escouade, 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et le 23 janvier 1871 au combat du château de Pouilly, Dijon

LAVAL 
né le 14 septembre 1842 à Cronat
fils de Jean Laval, âgé de 32 ans, cultivateur à Gueugneau et Pierrette Laurent, âgée de 27 ans
garde national mobilisé, 6°escouade, 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 14 mars 1871 à Mâcon

LAVOCAT Simon -GN Mobile
né le 12 mai 1848 à Vitry-sur-Loire
fils d’Adrien Lavocat, 32 ans, laboureur et Reine Savry, 21 ans
domicilié en 1866 à Cronat au Verdelet
mobile de Saône et Loire, 4°bataillon, 6°compagnie
mort le 1er janvier 1871 à La Charité sur Loire

PERRIN Benoît – GN Mobilisé
né le 3 septembre 1843 à Achard, Cronat
fils de François Perrin, âgé de 34 ans, vigneron et Marie Lasset, 32 ans
garde national mobilisé, 5°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
disparu entre le 21 et 23 janvier 1871 à Dijon

RIONDET Vincent – GN Mobilisé
né le 16 avril 1841 à Cronat
fils de Pierre Riondet, 50 ans, propriétaire et Jeanne Bresson, 32 ans,
soldat à la 3ème Légion de Saône et Loire
garde national mobilisé 2°escouade, 1°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 17 février 1871 à l’ambulance des Capucins de Dijon

VALENTIN Aîmé ou Edmé – GN Mobilisé
né le à le 23 juillet 1843 à Druy-Parrigny, Nièvre
fils de Joseph Valentin, âgé de 28 ans, voiturier et Pierrette Dodin
garde national mobilisé, 6°compagnie, 2°bataillon, 3°légion de la garde nationale mobilisée de Saône et Loire
mort le 10 janvier 1871 à Dijon

Morts pas inscrits sur le monument aux morts

4 militaires de l’armée active (AA) – 1 garde national mobile (GN Mobile)

BEAUPRIX Jean – AA
né le 28 novembre 1848 aux Mouilles, Cronat
fils de François Beauprix, journalier et Jeanne Belin
soldat au 15ème bataillon de chasseurs
mort le 19 décembre 1870 à l’hôpital de Metz

LAMY Vincent, domestique - AA
né le 24 septembre 1850 à Cronat
fils de Jean Lamy, 36 ans, propriétaire Chez Gueugneau et Marie Renaud, 24 ans
mort le 30 décembre 1870 à l’hôpital de Romans, Drôme

PERROT Blaise – AA
né le 28 avril 1848 à Cronat
fils de Louise Perrot
soldat au 69ème régiment d’infanterie
mort le 23 octobre 1870 à l’hôpital de Metz

REVENIAUD René – GN Mobile
né le 28 février 1845 à Cronat
fils de Claude Reveniaud, 44 ans, journalier et Marie Julien, 46 ans
garde mobile de la Nièvre
mort le 14 février 1871 à l’hospice de Nevers

ROUX Nicolas - AA
né le 26 décembre 1849
fils de Nicolas Roux, 34 ans, laboureur et Jacqueline Thibaud, 28 ans
mort à Paris en 1871